Ma chère phobie

Ô toi ma chère phobie,

Tu es comme un cri dans la nuit

Tu me causes bon nombre de soucis

Je n’arrive pas à vivre ma vie

D’ailleurs, on est même incompris

Tu es comme le nombre Pi

Interminable, fascinante et rélèvant parfois de la sorcellerie

On peut dire que tu m’as beaucoup appris

Tu as aiguisé mon sens de l’empathie

Toi et moi c’est pour la vie

Mais cette fois-ci, tu seras de bonne compagnie

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L’angoisse des beaux jours

Chaque année, c’est la même chose.

Dès l’apparition des beaux jours, j’ai une pointe d’angoisse qui surgit. Une sensation bizarre. Une déprime passagère qui s’installe entre l’inter-saison.

Pourtant, j’aime beaucoup l’été. Je préfère, d’ailleurs, même l’été à l’hiver.

Il va s’en dire que le soleil améliore mon moral. De ce fait, j’ai envie d’entamer des projets. D’y réfléchir et de les mettre en œuvre pour la rentrée qui s’annonce.

C’est toujours l’occasion de profiter des rues plus ou moins désertes. C’est pourquoi je privilégie toujours l’été pour me promener. Sortir dans des lieux où je n’ai pas l’habitude d’aller. Plutôt devrais-je dire que j’ai moins de stress qu’à l’accoutumée.

Pourtant, je ne sais pas pourquoi j’ai cette sensation oppressante.C’est idiot quand j’y pense…

Avec l’hiver, je me sens moins exposée.

La nuit tombe tôt, ainsi il y a moins de monde dehors. Je dirai plutôt , je me sens moins visible dans « la nuit hivernale ».

On se « cache «  plus facilement l’hiver. Emmitouflé dans les écharpes et gros manteaux.

Contrairement à l’été où il y a foule de monde. Les parcs, les cafés et les rues sont prises d’assaut.

Ainsi, il me fait un temps d’adaptation pour m’habituer aux beaux jours et au monde qui va avec.

Cela passe plus ou vite. Mais cela se répète chaque été. Une fois la saison installée, je suis « bien ».

Je profite de la ville et de son calme estivale.

Timidement votre

Les difficultés du quotidien

Quand les actes les plus banales deviennent une épreuve.

En tant que timide, on connaît tous des situations plus ou moins gênantes. Pour ne pas dire toutes ! Il m’est arrivé tellement de mésaventures à cause du stress qui m’envahissait.

Voici deux situations que je ne peux pas éviter mais qui me mettent très mal à l’aise.

1) Prendre les transports

J’avais une peur bleue de prendre les transports. C’était vraiment pénible d’organiser une sortie quelconque. Cela engendrait un stress immense.

Tout ce monde m’effrayait. Que ce soit pendant les heures de pointes ou les heures creuses. Ne parlons pas des bousculades et autres incivilités en tout genre dans les transports. Je me sentais agressée de voir autant de personne. S’il fallait réagir à une dispute, par exemple, je m’en sentais incapable.

Il y a avait aussi la crainte de croiser une connaissance, ou tout simplement des gens que je ne voulais pas voir. En effet, je devais prendre sur moi pour effectuer le voyage. Par conséquent, je n’étais pas disposée à tenir une conversation. Et pas l’envie non plus.

Je plonge mon nez dans un livre ou dans mon téléphone pour éviter tout contact visuel avec les autres usagers.

2) Faire les courses et commissions diverses

L’acte le plus banale du quotidien et le plus simple, faire ses courses. J’y trouve quand même un problème. Ce qui, pourtant, est un véritable plaisir. Comme pour les transports, cela me demande des efforts. Le problème se pose surtout lorsque je suis seule.

Le plus désagréable est l’attente en caisse. Je ne parle pas seulement de l’impatience d’attendre. J’évoque la longue file d’attente bondée de monde. Et moi, je suis plantée là en essayant de me faire la plus discrète possible. Etre observé en rangeant mes courses, est très gênant. Je sais bien que les gens ont autre chose à faire que de m’observer. D’ailleurs, certainement qu’aucun ne me regarde. Mais c’est toute cette foule autour de moi qui m’angoisse. Le pire de tout, lorsqu’un souci en caisse survient et que l’on met plus de temps que prévu. La nervosité des gens est palpable et mon stress augmente. Cerise sur le gâteau, je rougis. Alors, je me sens « nulle » de réagir ainsi.

C’est évidemment la même chose pour la pharmacie ou autres commerces de proximité. Qui dit commerces de proximités dit visites régulières. Forcément, on noue des liens et on « papote ». A chaque fois que j’y retourne, je me comporte comme si c’était la première fois. C’est très désagréable pour moi. Ce doit l’être encore plus pour les autres. Je voulais communiquer mais je n’y arrivais (vraiment) pas.

J’adoptais donc plusieurs stratégies, notamment :

– Me rendre à l’hypermarché tôt le matin ou tard le soir,

– Demander à ce que l’on m’accompagne,

– Commander au Drive,

– Choisir des magasins et des lieux différents.

Aujourd’hui, je peux dire que ça va mieux. Même si cela reste parfois compliqué, c’est faisable. Une seule chose aide à se sentir mieux, l’entraînement, l’entraînement et encore l’entraînement. Et aussi beaucoup de patience.

Timidement vôtre

Ma chère phobie

Ma chère phobie,

Quelle est cette phobie que je chéris tant ?

C’est la phobie sociale, cette forme de timidité extrême. Elle paraît bénigne au départ, mais se révèle très handicapante au quotidien.

Petite, j’étais déjà très timide. C’est commun à tous. Il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. J’ai pensé que cela passerait avec le temps. Sauf que cette timidité a duré. Plutôt devrais-je dire, elle a pris ses aises et s’est installée.

Adulte, j’ai tant détesté cette phobie. Non seulement, elle avait régi ma vie d’une manière qui ne me convenait pas. Mais aussi, et surtout, elle me faisait sentir tellement différentes des autres.

Je pensais devoir en faire mon ennemie. J’ai pris le problème à l’envers. Plus je l’ignorais et plus elle agissait. A long terme, cela devient vite invivable. On amasse une succession d’échecs et de frustrations, qui n’aident ni au moral ni à l’estime de soi. Au prix d’énorme effort, j’ai voulu l’accepter. On avait passé tant de temps ensemble, autant faire équipe, non ?

J’ai donc choisi d’en faire un allié et de l’apprivoiser. Oui, l’apprivoiser me paraît un terme lui convenir. Peut-être que ce fardeau est en fait un cadeau ?

Malgré tout, je pense qu’une autre vie est possible.

Je veux créer la vie qui me correspond. C’est pourquoi je me donne une tribune pour m’exprimer. Car m’exprimer, je le fais très peu ou très mal. J’ai besoin de m’exprimer. Quel paradoxe de timide : ne pas vouloir parler mais avoir beaucoup de choses à dire !

Tenir un journal de bord de mes progrès et de mon parcours serait-il un bon début ?

Timidement vôtre.